Interdépendance et non violence
-
Sois le changement que tu voudrais voir advenir (Mahatma Gandhi)
-
La crise écologique qui menace l’harmonie des équilibres de la nature et de la société, prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les principes de l’harmoni e [1].
-
Lorsque ceci est, cela est ; lorsque cela émerge, ceci émerge ; lorsque ceci n’est pas, cela n’advient pas ; la cessation de cela entraîne la cessation de ceci. (Bouddha Sakyamuni)
-
L’écologie, entendue au sens large, met en évidence l’interdépendance fondamentale de tous les phénomènes et notre intégration (donc en définitive notre dépendance) aux processus cycliques de la nature, en tant qu’individu et que société. (Fritjof Capra, La Toile de la Vie).
-
Spiritualité et écologie ont un même domaine, celui des éléments omniprésents : terre, eau, feu, air et espace ; et une même fonction : favoriser leur harmonie naturelle source de santé et de bonheur. (Denys Rinpoché)
Jusqu’à récemment les sociétés humaines ont vécu dans une économie harmonieuse avec la Nature. Le désastre écologique actuel est la conséquence d’une séparation illusoire de l’homme avec la Nature et d’avec sa propre Nature. L’impératif vital d’une réintégration harmonieuse de l’esprit et des activités humaines dans l’économie de la Nature est l’enjeu fondamental de l’écologie du XXIème siècle.
Les enjeux écologiques vitaux du XXIem siècle nous rappellent aux racines ancestrales de l’humanité et à son inscription dans les lois de la Nature. De toute part, l’on constate que les causes profondes de la crise écologique actuelle sont spirituelles, c’est-à-dire qu’elles puisent leurs racines dans l’esprit humain, la vision qu’il a de lui-même et de son rapport à l’environnement.
Le remède à la crise est donc de chercher tant à l’intérieur, dans la compréhension de notre Nature et dans un changement radical de mentalité, qu’à l’extérieur, dans la redécouverte d’un mode vie pragmatique, c’est-à-dire réaliste et donc écologique.
Harmonie
L’écologie contemplative est une façon de contribuer à cette réintégration de l’intérieur et de l’extérieur en redécouvrant le caractère tout relatif de la séparation. Elle est le fruit de la rencontre de la tradition du Bouddha et de l’écologie contemporaine dont le dénominateur commun est le principe universel « d’harmonie ».
L’harmonie n’est pas la négation du chaos, ni de la violence, ni du conflit mais l’intelligence de leur résolution et de l’ordre sous-jacent aux dérèglements. Elle est la condition nécessaire à la vie. Elle préside à la délicate et complexe adéquation de tous les phénomènes et de tous les processus qui permettent l’émergence et la continuité de tout système vivant. Synonyme de bonheur, elle est également ce vers quoi tendent tous les vivants au niveau individuel ou collectif. Un être humain heureux vit en harmonie avec lui-même, ses semblables et son environnement. La société humaine aspire également à l’harmonie qui au niveau politique est la condition et le fruit de la liberté, de l’égalité et de la fraternité authentique.
Interdépendance et non violence

De ce dénominateur commun se dégage une éthique et particulièrement deux principes sur lesquels sont fondées l’écologie scientifique et l’enseignement du Bouddha : l’interdépendance et la non-violence.
Selon les enseignements du Bouddha, tous les phénomènes sont interdépendants, c’est-à-dire que rien ne peut vivre séparé de son environnement ou de façon autonome. Cette réalité est celle de la solidarité du vivant. Dans la tradition du Bouddha, cette solidarité s’exprime dans une éthique altruiste de non violence dont le premier précepte est : protéger la vie ; une éthique qui valorise la simplicité et se développe dans une mentalité de sobriété heureuse, remède essentiel au consumérisme qui brûle la planète.
Du point de vue scientifique, l’écologie est la première science systémique, c’est-à-dire science d’un système de relation et non d’un objet. Elle établit la tendance de tous les systèmes vivants à préserver leur harmonie interne, leur homéostasie, et met en avant le devoir éthique de protection de la nature.
L’écologie contemplative propose donc une éducation à l’harmonie intérieure et extérieure comprenant : la prise de conscience de l’interdépendance, l’apprentissage de la contemplation et la mise en œuvre d’un mode de vie viable. L’écosite d’Avalon est ici le lieu d’application concrète et le moyen de développement de cette éducation.
[1] Adapté de l’acte constitutif de l’UNESCO : Les gouvernements des États parties à la présente Convention, au nom de leur peuple, déclarent : Que, les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix.