Dana, le don est la première des pratiques du Bodhisattva, celui qui cherche à éveiller son cœur et son esprit. Ainsi nous le présente Djé Gampopa dans le Précieux Ornement de la libération : « La générosité permet de se libérer de notre possessivité et de pratiquer correctement l’éthique. L’éthique conduit à la patience. La patience rend capable de persévérance. La persévérance permet d’atteindre la stabilité. Et dans la stabilité mentale, il est possible de découvrir telle quelle la nature authentique. »
Djé Gampopa
De tous temps, l’offrande et le don se sont inscrits de manière naturelle dans la tradition du Bouddha. Offrandes matérielles d’objets, de nourriture, d’or et d’argent, offrandes d’écoute, d’aide et de protection, offrandes de la pratique et de l’enseignement. Le don représente bien plus qu’un service rendu au médecin pour ses soins ou au lama pour ses souhaits ou ses enseignements. Il s’agit de prendre continûment soin du maître et de son Sangha, de veiller toujours à ce que la transmission se réalise sous les meilleurs auspices et de souhaiter que le Dharma perdure pour les générations à venir.
Ce sont les pratiquants eux-mêmes qui permettent ainsi au Sangha d’exister et d’être le support d’une tradition humaine vivante tournée vers le bien de tous. Celui qui pratique, œuvre et offre, permet à la communauté de vivre. C’est en elle que s’incorpore l’expérience intérieure telle qu’elle se transmet de maître à disciple depuis le Bouddha.